L’arrivée récente de nouveaux réseaux sociaux comme Periscope sur le grand marché du web 2.0 relance un débat passionné auprès des professionnels de la communication : après des années de bons et loyaux services et un succès planétaire, Facebook est-il mort ?

 

Facebook entre dans sa phase de maturité

Dès 2013, Daniel Miller, un chercheur britannique de l’University College London affirmait que les adolescents britanniques délaissaient Facebook car leurs parents s’inscrivaient de plus en plus sur le réseau social, le rendant de fait moins attractif. Une autre étude relayée par le Huffington Post la même année révélait d’ailleurs que le géant avait perdu son titre de site préféré des ados américains, au profit de Twitter.

Il est vrai que l’entreprise entre dans sa phase de maturité. Si le nombre d’inscrits continue d’augmenter, les jeunes, qui ont fait le succès initial du site, s’en désintéressent de plus en plus. Pour communiquer entre eux, ils investissent désormais d’autres réseaux sociaux sur lesquels les adultes sont moins présents.

Parmi les nouveaux challengers, les médias ont pour habitude d’opposer Facebook à l’application Snapchat, qui permet d’envoyer à ses contacts des photos visibles pendant un laps de temps très court allant d’une à 10 secondes.

 

Le réseau social a perdu de sa spontanéité

De surcroît, Facebook devient moins « fun ». Pour cause, aujourd’hui, tout le monde s’y trouve : nos grands-parents, nos parents, nos enfants, notre entreprise, nos collègues de travail, etc.

Et après 103 photos et autant d’angles différents, l’album photo « Salle à manger » de nos voisins perd de l’intérêt, la vie de rêve de nos contacts et le « Fear of missing out » (la peur de manquer quelque chose) rendent notre expérience Facebook moins positive. Chacun a également en tête les histoires de licenciements liées à des publications malheureuses et souhaite donc apparaître sous son meilleur jour.

En conséquence, les utilisateurs de Facebook font désormais d’avantage attention aux contenus qu’ils publient sur cet espace et l’utilisent de plus en plus comme un moyen de gérer leur image publique. En quelques années, Facebook a sans doute perdu une bonne part de sa spontanéité, s’éloignant de la folie des premiers jours qui consistait à noter les étudiants les plus sexys d’Harvard.

 

Il reste le tyrannosaure du web 2.0

Pour autant, du haut de ses 1,4 milliards d’utilisateurs dans le monde entier, Facebook domine toujours la jungle des réseaux sociaux.

Ce mastodonte que l’on pourrait croire, à tort, endormi ou éteint, s’entoure en fait de différents services qui petit à petit lui permettent d’infiltrer les nouvelles pratiques sociales sur Internet.

En 2011, Facebook lançait par exemple Messenger, une plateforme de services de communication qui réunit les principales fonctionnalités d’un smartphone. En 2012, il rachetait Instagram, prenant ainsi le contrôle de l’échange social de photos particulièrement apprécié des jeunes générations. En 2014, il s’emparait de l’application Whatsapp, acquérant ainsi un acteur majeur des conversations mobiles.

Facebook, en écrasant la notoriété de ses concurrents, devient un réseau social généraliste par défaut, en d’autres termes, l’incontournable tyrannosaure du parc que constitue le web 2.0.

 

Un réseau social stratégique

En outre, si les jeunes délaissent Facebook, ils ne s’en désinscrivent pas pour autant. Le réseau social représente toujours la deuxième application la plus populaire au monde selon les chiffres du GlobalWebIndex de 2013, derrière Maps. Près de 62% de la population française serait aujourd’hui inscrite sur Facebook, le transformant en un formidable annuaire.

Plus que jamais, les entreprises et les personnalités publiques qui souhaitent gagner en notoriété et gérer leur image en ligne doivent se doter d’une page Facebook. Intégrée intelligemment à une stratégie de relations publiques, la gestion d’une page sur ce réseau social peut se révéler décisive pour des questions d’influence.

Ainsi, Laurent Solly, directeur général de Facebook France mène depuis sa nomination une politique active de recrutement en région auprès des PME désireuses de communiquer sur les outils digitaux. Fin stratège, il entend poursuivre l’essor de Facebook et ainsi en faire un partenaire central dans la transformation de la communication des entreprises de l’hexagone.

En définitive, non : Facebook n’est pas mort. De par son audience de masse, il constitue toujours un réseau social stratégique pour les entreprises qui souhaitent converser avec leurs publics et ainsi valoriser leur réputation.

Romain Mouton

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